Dans sa fonction sociale, la free party fait participer les protagonistes à des cérémonies, comme des rituels sacrés, dans une logique chamanique quasi religieuse. Des tribus anonymes, visages sous capuches, tentes et silhouettes kakis se fondent dans son décor. À l’écart de la société, dans l’obscurité, la free party prend place dans des lieux non habités; champs à perte de vue, terrains couverts d’arbres, jusqu’aux catacombes sombres, si bien qu’elles pourraient ne s’être jamais manifestées. Les lieux choisis sont hétérotopiques, éphémères: ce sont en quelque sorte des non lieux. 

 

L’artiste évoque un monde de corps fins, nerveux, une jeunesse qui dort à l’abri des ventres des véhicules, avec les chiens. Des drapeaux pirates flottent dans le vent, des troupes dansent sous la résonance d’un rythme de tambour. Les manifestations sonores sont paradoxales, illégales, revendiquent une liberté musicale qui résonnerait dans le vide comme un cri silencieux. 

Ces sound systems sont indépendants et véhiculent dans leur constitution un élan contestataire qui leur est propre. Leurs noms évoquent cette pensée : Erreur 404, Animaltek, System51, Les enfants sages, Requiem, Anonymes, Electrocution, CirkusAlien, Spiral Tribe... 

 

Le travail de Robin Wen est constitué de scènes qu’il compose à l’aide d’images préexistantes et fabriquées. Trop souvent stigmatisées et caricaturées par les médias, ces images utilisent des métaphores et des codes qui leur sont propres, au sein desquelles les lieux et les participants revêtent des charges symboliques fortes. L’évocation de la peinture historique - drapés, natures mortes, scènes de chasse - amène un regard critique et poétique sur la représentation sociale actuelle des free parties.